LA BD ET CLINT EASTWOOD
par Daniel Clermont

voir aussi l'article de Stephane sur " l'art autour de clint "
et surtout ne manquez pas le site de smyrn

Le cinéma louche de plus en plus vers le 9e art et se rend capable de bonnes transpositions. La formidable santé commerciale de la BD n’est sûrement pas étrangère à ce regain d'intérêt.
Jusque dans les années soixante, la bande dessinée s’inspire totalement du cinéma américain, dont elle reprend thèmes et leitmotive. Cependant, alors que le mythe s’effrite outre-Atlantique et que l’Italie prend le relais avec le "western spaghetti", le héros s’émancipe et trouve au sein de l’école franco-belge un terrain de prédilection. Les années qui voient naître Blueberry (Giraud, créateur de Blueberry, dont l’adaptation cinématographique date du 11 février 2004, s’est inspiré des mouvements du western comme Sam Peckinpah et surtout Clint Eastwood), Mac Coy, Buddy Longway sont celles de la contestation et de la guerre du Viêtnam. Dorénavant, le héros se débat dans un Far West sauvage et corrompu, peuplé d’arrivistes et de bandits en tous genres. Ses ennemis ne sont plus les bêtes sauvages, le désert ou les Indiens mais les hommes de l’Ouest eux-mêmes. Le héros subit alors une crise d’identité profonde : quel est son clan ? Qui sont les bons et les méchants ?

Chevauchant les grands espaces mythiques de l’Ouest américain, le personnage de western dessiné arbore la virilité des héros de cinéma, incarnés par des stars tels que Burt Lancaster, John Wayne, Gary Cooper, Clint Eastwood.
Fier, courageux et indépendant, il ressemble trait pour trait à son double du septième art. Dès 1895, le cinéma tout juste né s’empare de l’Ouest en inventant le western, qui alimentera l’imaginaire collectif des générations durant.
Les premiers comics lui emboîtent le pas et le genre, qu’il soit dessiné ou filmé, connaît un immense succès dans les années trente. C’est à cette époque que l’Europe commence à illustrer l’épopée du Far West, avec notamment Tintin en Amérique.
Le western est en général "réaliste" (même le Far West de Lucky Luke s’appuie sur une documentation très précise, voire une des plus détaillée du genre). Certains albums présentent des parties "documentaires", photos à l’appui, pour mieux encore ancrer la fiction dans une réalité historique (par exemple, le préambule de Ballade pour un cercueil ). De plus, fait rare dans la BD, certains héros (notamment Blueberry et Buddy Longway) vieillissent d’un épisode à l’autre. La question se pose alors d’emblée au lecteur : ces héros ont-ils vraiment existé ?

Extrait de l’exposition virtuelle de la BNF
http://expositions.bnf.fr/bd/arret/index_he.htm

Recurrence de la figure eastwoodienne (19/01/2008)

Vanité des vanités...
par Vlad

extrait d'un article que vous pouvez lire >ici <

S'il est un auteur de cinéma qui aura joué avec sa figure d'icône, c'est bien M. Eastwood. Il a toujours apporté un soin infini à la modeler, la modifier, à la nuancer, à la polir, à la salir, à la vieillir, à la durcir, à l'adoucir… Si bien qu'avec le recul on peut considérer que c'est bien dans cette auto-sculpture que réside le fond de son œuvre. Son visage s'ossifiant étant devenu le miroir dans lequel l'humanité peut contempler ses vanités.

Cependant quelque chose a totalement échappé à son contrôle, c'est l'utilisation de son image par la bande dessinée franco-belge.

La première apparition d'Eastwood sur nos planches eut lieu dans les pages de Pilote. C'est le grand Gotlib qui en est responsable, à travers une histoire de la Rubrique-à-brac sur le western spaghetti. Rétrospectivement je me demande même si ce n'est par cette caricature que j'ai découvert le personnage, ayant eu en main la version album de 1971 (taume deux) avant de voir Et pour quelques dollars de plus en VHS…

Par la suite, après que l'attrait du charisme eastwoodien eût éclos en mon âme en même temps que les boutons sur mon visage, après que l'image lumineuse et cinématographique du personnage eût trouvée à mes yeux la primauté qu'une caricature de papier n'eût jamais dû oser usurper, je découvris dans le champ du neuvième art que nombreux étaient les dessinateurs qui avaient retentés l'expérience.

Inspecteur Dirty, Tome 2 : DIRY HENRY LE RETOUR...
Par Hervé Richez (Scénario), Henri Jenfèvre (Dessin)

Hervé Richez est né en 1967 à Malo-Les-Bains (59). Jenfèvre est l'un des principaux activistes de la bande dessinée d'humour grand public d'aujourd'hui.

Voici donc le deuxième épisode de notre policier New Yorkais préféré, j'ai nommé Dirty Henry, qui est -disons-le tout de suite- toujours aussi gaffeur, toujours aussi lourdeau, toujours aussi balourd et a laissé toutes ses bonnes manières au placard.

Toujours accompagné par son chien Bullet (toujours aussi nécrophage), et son protégé Patrick «Flan» Flannagan, qu'on découvre beaucoup plus et qui dans ce deuxième épisode a une fâcheuse tendance à copier les mauvaises habitudes de son mentor.

Comme dans l'épisode I de cette série, Henry n'hésite toujours pas à employer son calibre 44 et à utiliser des méthodes pas très orthodoxes, (dans cet épisode il n'hésite pas cette fois-ci à arrêter la voiture d'une jeune fille qui n'avait absolument rien fait, lui faire passer un alcotest puis une prise de sang afin de détecter si elle n'a ni virus, ni champignons et pouvoir la draguer).

Toujours aussi humoristique, toujours «copiée» sur la série de films «L'inspecteur Harry» (et de l'acteur Clint EASTWOOD), toujours signée par le même tandem qui a réalisé la série «L'effaceur» à savoir Henri JENFEVRE au dessin et Hervé RICHEZ au scénario. Le coloriage est cette fois-ci assuré par David LUNVEN seul.

Inspecteur Dirty, Tome 1 : Nul n'est cense ignorer ma loi
Par Hervé Richez (Auteur), Henri Jenfèvre (Auteur)

Hervé Richez est né en 1967 à Malo-Les-Bains (59). Jenfèvre est l'un des principaux activistes de la bande dessinée d'humour grand public d'aujourd'hui.

LA LOI EST DURE MAIS C'EST MA LOI
«La loi est dure, mais c'est ma loi» telle est la devise de Dirty Henry, inspecteur de police à New york. Henry, toujours accompagné par son fidèle chien Bullet (toujours joyeux et très drôle, et accessoirement nécrophage).
Henry connaît «sa ville» par cœur, depuis le temps qu'il en arpente les rues dans tous les sens.

Disons-le tout de suite, Henry est un inspecteur gaffeur, lourdeau, balourd et pas toujours très finaud, qui n'hésite pas à employer son calibre 44 et à utiliser des méthodes pas toujours très orthodoxes, (comme p. ex. arrêter la voiture de deux jeunes et jolies jeunes filles qui n'avaient absolument rien fait, uniquement pour les peloter).
Et voici qu'on lui confie la responsabilité du «rookie», Patrick «Flan» Flannagan, jeune policier tout frais émolu de l'académie de police.

Henry prend donc «sous son aile» le jeune «poussin» (à savoir un poulet en devenir), et sa phrase préférée est «Prends-en de la graine, poussin, c'est encore le meilleur moyen pour un poulet de grandir»…

Cette version humoristique de «L'inspecteur Harry» (et de l'acteur Clint EASTWOOD) véritable réussite du genre, est signée par le même tandem qui à réalisé la série «L'effaceur» (déjà critiquée par ailleurs) à savoir Henri JENFEVRE au dessin et Hervé RICHEZ au scénario. Le coloriage est ici assuré par David LUNVEN et Eric MILLER.

La BD est très originale et le scénario très inspiré, les gags (en une page) ne tombent jamais à plat et sont très drôles, voir p. ex la planche où Henry, après avoir branché ariel (et oui!... la petite sirène) qui pourtant hésite toujours à s'engager dans une course poursuite, (à cause des balles perdues) se lance à corps perdu (et surtout à la mitrailleuse lourde et aux grenades), parce-que «ces nasty shit mother sons of the bitch» ont commis l'irréparable en braquant la banque dans laquelle Henry à mis toutes ses économies…

A découvrir d'urgence donc!

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DURANGO
Par Yves Swolfs

Yves Swolfs est né le 24 Avril 1955 à Bruxelles. Il fréquente l'institut Saint-Luc de Bruxelles où il suit les cours de Bande Dessinée dispensés par Claude Renard.
Sa première histoire paraît dans le second volume du "Neuvième Rêve" en 1978.
Deux ans plus tard il crée "Durango", personnage calqué sur les traits de Clint Eastwood. Ce "western spaghetti", après une courte publication dans la collection "Sextar" des éditions "Archers", se poursuit dès l'année suivante chez ce dernier éditeur sous la forme d'albums cartonnés, repris par "Dargaud" en 1988, puis chez "Alpen" deux ans plus tard.

Durango, un personnage qui ressemble beaucoup à Clint Eastwood     Durango, un personnage qui ressemble beaucoup à Clint Eastwood

En 1987, il aborde le genre historique dans la revue "Vécu" et conçoit "Dampierre", une série se déroulant durant la guerre de Vendée. En 1991, après deux épisodes réalisés en solo, il en confie la partie graphique à Eric, qui en assure le troisième volet. En 1994, ce dernier cède la place à Pierre Legein.
En 1994, Swolfs entreprend "Le Prince de la nuit", une saga fantastique publiée dans la collection "Grafica" des éditions "Glénat". Illustrateur réaliste, proche à ses débuts de Jean "Moebius" Giraud, Yves Swolfs se détache rapidement de toute influence et se révèle par ailleurs un très bon scénariste, notamment pour "Vlad", avec Griffo, "Dampierre" avec Legein et "James Healer" avec De Vita.

Swolfs a fait un western très classique, qui lorgne du côté de Sergio Leone, avec un personnage qui ressemble beaucoup à Clint Eastwood, des méchants en manteau long et des héros mal rasés assez éloignés de l'impeccable John Wayne.
Surnommé "le Pacificateur" par tous ceux qui ont eu la chance de survivre à sa rencontre, Durango Lang n'est pas sans rappeler certains personnages décrits par le roi du western-spaghetti, Sergio Leone en personne.

Durango, un personnage qui ressemble beaucoup à Clint Eastwood

Inspiré par le long-métrage italien La Loi du Silence - interprété notamment par Jean-Louis Trintignan -, le premier épisode de Durango "Viol à Grey Rock", rebaptisé un an plus tard "Les Chiens Meurent en Hiver", impose d'emblée son personnage.
Parcourant un Far-West encore sauvage, ce pistolero désabusé et énigmatique, n'a de cesse de poursuivre les desperados et autres hors-la-loi de tout acabit.
Parlant peu, privilégiant l'action à toute réflexion psychologique, Durango remporte rapidement un grand succès auprès des amateurs d'émotions fortes.
Le traitement graphique d'Yves Swolfs, réaliste et dynamique, n'est pas sans rappeler celui de son maître Jean Giraud. Pourtant, à la différence de Blueberry, Durango se veut une série plus cinématographique (on y croise d'ailleurs au détour de telle ou telle planche les visages connus de Klaus Kinski, Lee Van Cleef ou Clint Eastwood).

Durango, un personnage qui ressemble beaucoup à Clint Eastwood

La BD «Piège pour un tueur» voit apparaître Clint Eastwood dans une des planches

On reconnaît bien Clint Eastwood en haut à droite !!
Et là, c'est mieux ?


Les productions de Yves Swolfs :
• Les Chiens Meurent en Hiver (1981)
• Les Forces de la Colère (1982)
• Piège pour un Tueur (1983)
• Amos (1984)
• Sierra Sauvage (1985)
• Le Destin d'un Desperado (1986)
• Loneville (1987)
• Une Raison pour Mourir (1988)
• L'Or de Duncan (1990)
• La Proie des Chacals (1991)
• Colorado (1992)
• L'Héritière (1994)
• Sans Pitié (1997)
LARRY YUMA
(Claudio Nizzi & Carlo Boscarato) N° 55 à 64, 66 à 104.
Série italienne créée en 1970. On y trouve aussi au dessin Andrea Mantelli, Nadir Quinto et Paolo Ongaro.

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Larry Yuma
par Carlo Boscarato

C'est un justicier solitaire arpentant les paysages désolés de l'Ouest américain en quête d'une injustice à réparer.
Le chapeau le plus souvent vissé jusqu'aux yeux, une cigarette qu'il passe son temps à allumer d'un air détaché, sa couverture multicolore négligemment posée sur l'épaule droite, Larry Yuma fait irrésistiblement penser à Clint Eastwood dans ses meilleurs westerns spaghetti. Il a également le don d'apparaître au moment où on l'attend le moins en plein coeur d'une situation difficile.

A la fin de chaque aventure, Larry Yuma s'en retourne sur sa piste poussièreuse et sa solitude perpétuelle et s'il osait chanter, il ferait alors penser à notre bon vieux Lucky Luke.
Une série attachante, magnifiquement dessinée par Carlo Boscarato sur des intrigues de Nizzi qui est devenu ensuite le scénariste de Tex adulé par tous les fans du ranger.
Ce héros a écumé moultes revues de l'éditeur dont EL BRAVO et CAPT'AIN SWING.

D'après un rédactionnel de Vallet Dominik
sur ce site

Larry Yuma fait irrésistiblement penser à Clint Eastwood

"500 fusils"
Par Lamy

Né le 20/02/65 à Gisors (Françe)
Dessinateur
Après l'Ecole des Beaux Arts de Rouen, Lamy rejoint l'atelier de Sèvres à Paris, puis Saint Luc à Bruxelles.
Sa première histoire en BD est publiée dans le journal de Tintin. Il participe à plusieurs fanzines dont Sapristi et Dynamick.
C'est à Rouen qu'il rencontre Vatine et Clément avec qui il réalise Adios Palomita publié par Delcourt.
Il dessine plus tard 500 fusils avec Duval et Cailleteau.

Attiré depuis toujours par le western spaghetti façon Sergio Léone, il concrétise son vieux rêve en BD en créant avec Yann la série Colt Walker chez Dargaud en décembre 1997.
Wayne Redlake était une série qui malheureusement n'a pas eu de suite. Le tome 1 était pourtant prometteur.
Le scénario nous permet d'avoir une suite de rebondissements, de poursuites, de duels, de batailles, tout ça dans un esprit très "western-spaghetti" que n'aurait pas renié Sergio Leone , Sergio Corbucci ("Le grand silence"),ou Sollima.
Le héros a d'ailleurs un faux air de Clint Eastwood.
Le dessin de Lamy peut surprendre au début, mais on s'habitue assez vite à son style. Le story-board fut confié à Olivier Vatine.

Voilà un western one-shot qui fait mouche. Une histoire avec beaucoup d'action et de rebondissements, un brin d’humour, un héros à la Clint Eastwood et une ambiance à la Sergio Léone. Mettez un petit fond musical d’Ennio Morricone et vous ne pourrez qu’apprécier ce scénario western spaghetti.

Wayne Redlake... un faux air de Clint Eastwood ?

"serie rawhide"

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