| 1/.Connelly and Co
Vous ne pouvez vous empêcher de sourire quand
quelqu’un vous dit :"faites- moi plaisir" ?
Pour vous le nombre quarante-quatre se rapporte d’abord à une
arme un peu spéciale ?
Harry ne vous fait pas penser à un petit gars à lunette qui
fait de la magie ni à un ami qui vous veut du bien mais plutôt
à un grand type qu’on surnomme le charognard ?
Alors, il n’y a aucun doute : vous êtes obsédé
par l’inspecteur Harry !
Hélas cela fait bien longtemps qu’il a disparu
de nos écrans, du moins de cinéma. Vous êtes perdu dans
un monde sans lieutenant Briggs et poursuites en grosse voiture américaine
? N’ayez crainte, quelqu’un à pensé à vous.
C’est en littérature que s’illustre notre sauveur et si
vous êtes bien renseigné, vous en avez déjà entendu
parler. Par exemple, si je vous dis Créance de sang ?...
Son nom est Connelly, Michael Connelly et
il a reçu de nombreux prix pour ses romans qui dépeignent,
tour à tour, tous les cotés sombres de la "citée
des anges" : les flics véreux, la prostitution, le vol, le crime,
la drogue, les innocents qui meurent au coin des rues, et ceux qui tanguent
désespérément sur cette limite, presque invisible, qui
différencie le bien du mal.
Cela vous rappelle quelque chose, une histoire, jamais la même, et
un personnage, seul contre tous, à peu près toujours le même.
C’est sur ces thèmes que fonctionnent tous les romans de Connelly,
et, bizarrement, les inspecteurs Harry.
Mais ce n’est pas un pur hasard car Connelly est
un grand fan de Clint Eastwood. Après avoir travaillé pendant
dix ans au «Los Angeles Times» il y parfait ainsi son «étude
du milieu criminel» et façonne déjà le «squelette»
de son premier roman.
Et comment, d’après vous, s’appelle son héros ?
Harry Bosch ! Et il est inspecteur... l’inspecteur
Harry, donc. L’auteur avait trouvé en Callahan le personnage
parfait pour ses histoires et il le réutilise dans la plupart de ses
récits.
Connelly ou la passion du crime. il est tombé dedans quand il était
petit, dirait-on. C’est une obsession, il faut qu’il perce le
mystère de ce qui pousse l’humain à faire le mal et de
ce qui pousse son inspecteur à vouloir faire le bien.
Son rêve aurait été l’adaptation d’un de
ses romans par Eastwood.
En 2002 c’est chose faite : "Créance
de sang" est portée à l’écran avec
Clint dans le rôle principal de Terry Mc. Caleb.

Le héros de Connelly est inspiré de celui de Eastwood... Eastwood
fait de son sixième roman un film... la boucle est bouclée...
Mais revenons sur le Harry de Connelly, qui ressemble énormément,
si ce n’est en tout point, à Callahan. Cependant Connelly appuie
bien sur une différence qui nous semble infime mais qui, réflexion
faite, n’est pas si anodine.
Le nom de son héros si proche du nôtre est en réalité
bien éloigné. Son prénom, Harry, est un diminutif de
Hieronymus, et c’est en cela que son nom, Bosch, rejoint ce prénom
un peu compliqué.
Hieronymus Bosch (1450-1516) est un peintre du moyen âge, de l’Europe
du nord, dont le style est comment dire… complexe et original.
Dans les romans de Connelly, il est dit que c’est la mère d’Harry,
une ancienne prostituée qui fut assassinée, qui lui donna ce
prénom. Pourquoi ? Car un des tableaux du peintre, «Le jardin
des délices», lui faisait penser à Los Angeles.
En effet, dans ces tableaux, le peintre Bosch a voulu représenter
l'histoire du monde et la progression du péché.

Le tryptique fermé

Le tryptique ouvert
Les panneaux fermés représentent la création
du monde, l'histoire progresse avec Adam et Eve et le péché
originel sur le panneau gauche. Le panneau du centre dépeint un monde
profondément engagé dans des plaisirs coupables et le panneau
de droite les supplices de l'enfer.
C’est ainsi que le héros de Connelly voit
la ville de Los Angeles, vision donc partagée par l’auteur.
Mais ce n’est pas seulement pour montrer implicitement l’horreur
des bas-fond des quartiers d’Hollywood que Connelly choisit ce nom,
le caractère de son héros est le même que celui du peintre.
«Bosch était un moraliste pessimiste et sévère
qui n'avait pas plus d'illusions sur la rationalité de la nature humaine
que de confiance en la bonté d'un monde qu'il pensait corrompue par
la présence de l'homme. Ses peintures sont des sermons, adressés
souvent à lui-même et par conséquent difficiles à
traduire. Incapable de comprendre le mystère des travaux de l'artiste,
les critiques ont d'abord cru qu'il avait été affilié
aux sectes secrètes.».
Force est de constater, que, mis à part les sectes,
Connelly a fabriqué son personnage parallèlement au peintre.
Mais ce ne sont pas les seuls trais de caractères que l’on peut
relever chez Harry Bosch : il est réservé, déteste la
paperasse, a des méthodes expéditives, hait ses supérieurs,
et cela est réciproque…
À qui cela ressemble ? Non pas à un peintre, mais à
un inspecteur de San Francisco un tantinet facile de la gâchette ;
j’ai nommé Harry Callahan.
Le personnage de Connelly est donc un beau mélange
d’un peintre et d’un des plus grands succès de Clint Eastwood.
En conclusion, si vous aimez le monde de l’inspecteur
Harry et que vous avez comme un goût de trop peu, les livres de Connelly
ne sont certes pas de la trempe de Ditrhy Harry, mais cela y ressemble bien.

On retrouve les mêmes lieux ; des villes rongées par le mal.
D’un côté un San Francisco ou ce saint François
n’a plus rien de saint et Los Angeles ou les anges basculent du côté
de l’enfer.
Car à Los Angeles c’est le crime qui commande, les billets verts.
À Los Angeles c’est le vice qui mène la danse, les flics
qui emphatisent.
À Los Angeles c’est la drogue qui dicte les actes, les prisons
qui s’emplissent.
À Los Angeles c’est le mal qui l’emporte, les innocents
qui se font rares.
Des villes charmantes pour des inspecteurs à qui
il ne reste plus que le choix d’employer les manières fortes.

Connelly et Clint Eastwood
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